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 Printemps érable, hiver indien?

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Valkyrie
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Valkyrie

Messages : 341
Date d'inscription : 06/01/2013
Age : 38
Localisation : Québec

MessageSujet: Printemps érable, hiver indien?   Sam 12 Jan - 10:24



LOUISE LEDUC
La Presse
Une réunion au sommet, encore. Ici et là, des manifestations. Bientôt, sans doute, d'autres dénonciations de l'ONU ou d'Amnistie internationale. Rien de neuf sous le soleil? À une exception près: cette fois, les choses moins jolies et plus difficiles à entendre pour les deux camps ont été dites et les contradictions de chacun ont reçu un éclairage plus cru que jamais.

La réalité sur le terrain des réserves, on la connaît. C'est celle de milliers d'enfants entassés dans des maisons souvent insalubres, qui grandissent au sein de familles souvent brisées, dans des réserves isolées de tout, en apprenant que l'argent, on ne le gagne pas, on l'attend du gouvernement. Parce que le gouvernement nous doit réparation et qu'en attendant, il nous entretient.

La nouvelle crise autochtone a permis de rappeler à quel point le gouvernement et les autochtones s'enlisent dans des négociations territoriales dont on ne voit pas l'issue. En 2006, divers témoins entendus par un comité sénatorial avaient déjà évalué qu'au rythme où allaient les choses, il faudrait de 90 à 130 ans pour régler l'ensemble des revendications territoriales autochtones. Les frais d'avocat sont si élevés que certaines communautés se sont endettées pour participer à un processus que le Sénat lui-même a qualifié de vicié à la base parce que c'est le gouvernement, juge et partie, qui décide quelles revendications sont dignes de cheminer.

Le feuilleton de ce début d'année a aussi permis de démontrer que la lenteur du processus n'est peut-être pas exclusivement due au gouvernement. Soudain, ils ont été quelques-uns, cette semaine, à exiger de changer d'interlocuteur pour négocier directement avec la Couronne britannique. Voilà qui n'est pas de nature à accélérer les choses.

Ce qui est ressorti, également, c'est l'interprétation artistique de principes comptables qui est faite à Attawapiskat.

Parler de ce sujet, cette semaine, pendant qu'une chef poursuit sa grève de la faim, a semé un petit malaise, chez les Blancs comme chez les autochtones. Laval, Mascouche, c'est un scandale. Mais une lointaine réserve et l'argent destiné aux plus pauvres d'entre les pauvres?

L'ennui, c'est que quand on creuse un peu plus, on constate que 157 réserves au pays se trouvent sous tutelle.

Est-ce à dire qu'il y a corruption dans 157 conseils de bande? C'est à voir, mais peut-être l'incompétence est-elle souvent en cause. Une incompétence qui est très bien rémunérée: en 2008-2009, 82 représentants élus de réserves indiennes étaient mieux payés que Stephen Harper et 222 étaient mieux rémunérés que le premier ministre de leur province respective. Idle No More, pour cela aussi?

Imaginons tout de même qu'on est en 2080. Imaginons que le dossier des revendications territoriales est fermé, que le Canada a payé sa dette, que justice a été rendue et que les terres qui devaient être restituées l'ont été ou que des millions ont été versés en guise de compensation. Il n'est pas certain que les autochtones seraient sortis du bois pour autant.

Prenons le cas des Cris, souvent cités en exemple parce qu'ils ont obtenu la convention de la Baie-James et la paix des Braves. D'importantes sommes d'argent leur ont été versées et une certaine autonomie leur a été accordée. Mais socialement, c'est toujours le même cul-de-sac: selon des données tirées du Plan Nord de Jean Charest, 92% des jeunes Cris ont interrompu leur parcours scolaire sans avoir obtenu de diplôme ou une qualification.

Justement, en attendant un quelconque Plan Nord, de quoi peut-on vivre dans les réserves loin des villes? Les autochtones réclament de toutes parts toujours plus de maisons pour des familles toujours plus nombreuses. Alors on plante d'autres maisons. Mais de quoi vit-on, dans ces maisons? Même si les autochtones investissaient massivement les cégeps et les universités, même s'ils occupaient aujourd'hui tous les postes actuellement occupés là-haut par les Blancs à grands coups de primes d'éloignement, la réalité serait la même. Des emplois, en gros, il y en a au conseil de bande, à l'école, à la clinique, au bureau de poste, dans quelques pourvoiries, à Hydro-Québec, dans quelques mines. Ajoutez d'autres emplois au salaire minimum et faites le compte: il n'y a pas de quoi faire vivre tout le monde. Pas plus à Chisasibi qu'à Chibougamau, à Schefferville ou à Lebel-sur-Quévillon. À moins d'un grand Plan Nord et de mines vraiment très prospères...

Les Amérindiens le font, ce calcul, et c'est bien pour cela que Shawn Atleo, président de l'Assemblée des Premières Nations, risque d'être bien seul à réclamer l'abolition de la loi sur les Indiens. Une loi qui, à l'origine, visait l'assimilation. Une loi humiliante, raciste, qui fait des autochtones des pupilles de l'État, des incapables. Mais une loi qui vaut à l'autochtone de ne pas payer d'impôts et donc de s'en tirer tout de même un peu mieux que le Blanc du village d'à côté qui, souvent, ne trouve pas plus d'emploi que lui.

En entrevue à La Presse, en 2010, Ghislain Picard, chef québécois de l'Assemblée des Premières Nations, a raconté qu'il s'était lui-même heurté à la réalité du terrain quand il avait abordé la question. «Ça avait fini en gros titres dans les journaux: "Dans cinq ans, fini la loi sur les Indiens". Mais du côté des autochtones, on m'avait clairement dit: "Wo les moteurs, pas si vite..."»

On en est là, devant nos contradictions et devant nos sentiments honteux respectifs. Il reste à voir si une (autre) réunion au sommet nous évitera d'en être bientôt à une exaspération de trop.


lien: http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201301/11/01-4610658-printemps-erable-hiver-indien.php
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Printemps érable, hiver indien?
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